Sargasses dans les Antilles et les Caraïbes : est-ce que ça gâche vraiment le séjour ?

Par

Julie Parment

Publié le : 3 février 2026

Depuis plus d’une décennie maintenant, le fléau des sargasses dans les Antilles ne cesse de s’amplifier et s’étend désormais à toute la zone caraïbe, transformant des paysages paradisiaques en zones parfois invivables. D’où viennent ces sargasses, pourquoi prolifèrent-elles et quelles sont les conséquences pour les habitants et les voyageurs ? Notre dossier complet.

🔴 Ce qu'il faut retenir :
  • Prolifération accrue des sargasses transformant plages caraïbes en zones quasi permanentes d’échouage saisonnier.
  • Accumulation détruit herbiers et coraux, provoquant dégradation durable des écosystèmes côtiers.
  • Émanations toxiques (H₂S) causent problèmes sanitaires : maux de tête, irritations, fermetures d’établissements.
  • Solutions coûteuses et temporaires : ramassage, barrières, valorisation; aucune solution définitive à l’heure actuelle.

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Les sargasses, qu’est-ce que c’est exactement ?

Les sargasses, ce sont des algues brunes flottantes, et contrairement à d’autres algues, elles ne s’attachent pas aux fonds marins, mais dérivent librement à la surface de l’océan.

Pendant longtemps, elles étaient principalement localisées dans la mer des Sargasses, au large de l’Atlantique Nord. Aujourd’hui, elles forment un immense corridor appelé la Grande Ceinture de Sargasses de l’Atlantique, qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest jusqu’aux Caraïbes.

sargasses dans les Antilles
Anse Bertrand, Guadeloupe, 2023 ©Jonathan Fieschi

Pourquoi les sargasses envahissent-elles les Antilles et les Caraïbes ?

Ce phénomène de prolifération est dû à un dérèglement environnemental global : réchauffement des océans, augmentation des nutriments (azote et phosphore) dans l’eau, courants marins modifiés et apports liés à la déforestation et à l’agriculture intensive en Amérique du Sud. En effet, les fleuves comme l’Amazone et l’Orénoque transportent d’importantes quantités de nutriments vers l’Atlantique, créant un environnement favorable à la croissance massive de ces algues.

Bref, on n’est pas sorti de l’auberge et les invasions de sargasses dans les Antilles et les Caraïbes sont désormais récurrentes. On peut même dire que ce qui était autrefois exceptionnel est devenu quasi permanent. Chaque année, entre le printemps et l’automne, les sargasses s’échouent en grandes quantités sur les côtes. Les principales zones touchées sont la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, la République dominicaine, les côtes mexicaines et la Jamaïque.

Les conséquences des sargasses dans les Antilles

Des écosystèmes fragilisés et une pollution durable des littoraux

Lorsqu’elles s’accumulent sur les plages ou dans les zones peu profondes, les sargasses empêchent la lumière de pénétrer dans l’eau, ce qui asphyxie les herbiers marins et les coraux, tout en perturbant la faune marine locale. À long terme, ces échouages répétés contribuent à la dégradation des écosystèmes côtiers déjà fragilisés par le changement climatique.

Une fois échouées, les sargasses se décomposent rapidement, produisant des gaz toxiques, notamment le sulfure d’hydrogène (H₂S), responsable de l’odeur d’œuf pourri si caractéristique.

sargasses dans les Antilles
Anse cafard diamant, Martinique, 2018 ©Serge Bourgeat

Des impacts sanitaires inquiétants

Bien sûr, tout cela a aussi des conséquences sur la santé humaine. Lorsque l’on est exposé de manière prolongée aux émanations de sargasses dans les Antilles et les Caraïbes, les conséquences peuvent être importantes : maux de tête, irritations des yeux et des voies respiratoires, nausées, ou encore fatigue chronique.

Dans certaines îles, des écoles, des habitations et même des hôpitaux ont dû être temporairement fermés en raison de concentrations élevées de gaz. Les populations locales sont donc les premières touchées, mais les touristes peuvent également être concernés.

Un défi économique pour les territoires touristiques

Ces invasions de Sargasses dans les Antilles et les Caraïbes ont également de fortes répercussions sur le tourisme, qui est un pilier économique très important. Qui aurait envie de se baigner sur une plage remplie d’algues marron malodorantes ? Résultat : selon les mois, les annulations peuvent être nombreuses et ces destinations souffrent d’une image dégradée sur le long terme.

Quelles solutions face au problème des sargasses ?

Il y a d’abord le ramassage et la prévention. Dans les Caraïbes, plusieurs autorités locales ont mis en place des barrages flottants en mer, des systèmes de détection satellite et des opérations de collecte mécanique ou manuelle.

Le souci c’est que ces solutions coûtent très cher, des millions d’euros chaque année, et qu’elles sont parfois insuffisantes face à l’ampleur du phénomène, sans oublier la difficulté à se coordonner entre les différents pays concernés. En clair : il n’existe à ce jour par de solution définitive.

En attendant de trouver le remède miracle, de nombreuses initiatives explorent la valorisation des algues, par exemple en s’en servant pour produire des biogaz, du compost agricole ou des matériaux de construction. Tout cela est prometteur, mais ces pistes nécessitent encore des investissements et des cadres réglementaires stricts et adaptés.

Conseils aux voyageurs avant de partir :

Même si cette invasion de sargasses dans les Antilles et les Caraïbes donne moyennement envie, un voyage là-bas est tout de même possible. Déjà, ce n’est pas toute l’année, donc vous pouvez vous renseigner sur les zones les plus touchées selon la saison. De plus, toutes les plages d’une île ne sont pas forcément impactées et vous pouvez privilégier celles exposées au large, c’est le meilleur moyen d’être tranquille. 

Pour conclure, on peut dire que les sargasses dans les Antilles et les Caraïbes sont bien plus qu’une nuisance visuelle ou olfactive : elles sont le symptôme visible d’un déséquilibre environnemental mondial, mêlant dérèglement climatique, pollution et pression humaine. Il est donc urgent de trouver une solution durable, qui ne pourra être que collective et internationale. 

Sources

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